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Pour lire le latin à haute voix

mercredi 22 juin 2011, par Philippe Brunet

De l’intérêt d’un logiciel de quantification du latin

Lorsque, quelques années plus tôt, je m’étais permis de rêver à voix haute devant Gilles de Rosny en lui disant qu’il serait formidable d’avoir un logiciel de quantification du latin, j’avais reçu immédiatement la réponse suivante : qu’il ne pourrait faire, en plus du logiciel homérique, un nouveau logiciel dans une autre langue ; il n’était pas question qu’il se mette en plus au latin !

Il est vrai que ma demande était outrecuidante.

Or, il se trouve que deux ans après le chantier était lancé, avec l’utilisation conjointe de ressources présentes sur le réseau (dictionnaire, analyseurs de syntaxe), et au terme de consultations engagées par des praticiens du latin (Nicolas Lakshmanan) avec des linguistes.

Personnellement, j’avais déjà fait l’expérience d’écouter Stephen Daitz dire du Cicéron ; j’avais moi-même expérimenté cette diction de la prose latine ou grecque en me confrontant, toujours devant un public, à Cicéron ou Démosthène.

N’ayant pas en tête un dictionnaire intégré de langue latine, j’avais dû préparer la lecture en notant les voyelles longues. La tâche était un peu fastidieuse. Et je voyais que personne, hormis quelques bienheureux spécialistes, ne pourrait accéder à la scansion du latin. Soit par paresse, soit par ignorance.

Cette ignorance est maintenue, hélas, par nos éditions. Du coup, il est impossible de lire de la prose latine autrement qu’en remâchant la triste prononciation scolaire.

Ce logiciel était donc immensément nécessaire. Il existe aujourd’hui sur ce site. Et le résultat est un grand bonheur. Un grand bonheur de voir la langue offerte dans son intelligence, dans le rythme différencié de ses syllabes longues, brèves, sous le temps fort, ou au temps faible, rythme parfois plus flou, dans les syllabes communes, ou incertaines : mais une langue globalement prête à susciter l’enthousiasme pour qui se risquera à dire la phrase latine à voix haute !

Outre le rythme, avec la clarté de la quantité vocalique vient s’éclaircir parfois tel ou tel point de déclinaison ou de conjugaison : il n’y a aucune raison pour maintenir dans l’ignorance le lecteur qui vient gentiment jusqu’à la langue latine et doit encore différer le plaisir de la compréhension en passant une heure à triturer en tous sens sa version grecque ! Qui a dit qu’il fallait souffrir pour mériter le bonheur de lire le latin ?

De surcroît, lorsque le rythme devient clair, le chant de la langue commence à poindre. L’intonation (placée sur l’avant-dernière syllabe longue du mot, ou sur l’antépénultième si la pénultième est brève) se place naturellement. Et il devient possible de travailler sur le phrasé, sur l’interprétation du discours. L’enjeu est énorme, et se trouve un peu plus à notre portée.

Les prochaines publications de Lucrèce, Virgile ou Cicéron, aux éditions du relief, présenteront la quantité des voyelles longues. Pour l’heure, le logiciel est disponible et nous serons heureux d’avoir des textes préparés à l’aide du logiciel.

Il suffit de taper ou de coller un peu de latin dans la fenêtre de l’article "quantité des voyelles" que Gilles de Rosny a destinée à votre usage, aussitôt le logiciel vous donne ses propositions. A vous d’éliminer les formes inutiles. L’exercice peut être fait agréablement avec des élèves. Bonnes lectures ! Et merci d’avance pour toutes vos suggestions et remarques.

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